Le festival de Chaumont-sur-Loire dans "Le Monde"
Chaumont-sur-Loire lie nature et culture
Les projets pour le château et le parc, désormais propriétés de la région Centre
Chaumont-sur-Loire, An I. Le beau château du début de la Renaissance et son parc du XIXe siècle font partie des rares monuments dont l'Etat a proposé avec succès la rétrocession aux collectivités locales. Ils sont, depuis le 1er février 2007, la propriété de la région Centre. Celle-ci vient de dévoiler le visage du nouveau Chaumont, censé donner au monument la dynamique que l'Etat avait échoué à insuffler.
En un an, le conseil régional a mis les bouchées doubles pour créer un établissement public de coopération culturelle et définir un projet de développement qui intègre le Festival international des jardins, son prestigieux voisin. Le but : créer le premier " centre d'art et de nature " dédié à " la relation entre nature et culture ", selon les mots du président du domaine, François Barré. " Il y avait jusqu'alors d'un côté un château en déshérence et de l'autre un festival très spécialisé, avec des publics séparés ", analyse M. Barré. Le conseil régional veut donc " faire vivre le domaine toute l'année en créant une convergence d'intérêt entre le parc et les jardins, l'art contemporain et l'architecture du château ", explique le président (PS) de la région, François Bonneau.
Pour ce faire, la directrice, Chantal Colleu-Dumond, recrutée en septembre 2007, n'a eu que quelques mois pour concocter une saison mêlant l'art, l'architecture, les jardins, mais aussi des concerts, un festival de cinéma, la gastronomie... Attelé dans l'urgence, cet équipage hétéroclite est entraîné par deux stars de l'art contemporain : le plasticien grec Jannis Kounellis, figure majeure de l'Arte Povera, se verra offrir à partir du 1er juillet une résidence de trois ans dans le château. Et huit images du photographe allemand Andreas Gursky, maître du très grand format, seront exposées de mai à août.
OBJECTIF IMPÉRATIF
Le Festival des jardins n'échappe pas au coup de jeune. La formule de cette institution créée en 1992 par Jean-Paul Pigeat s'est essoufflée. Présentée comme une " année de transition ", l'édition 2008 présentera, du 30 avril au 19 octobre, une vingtaine de créations sur le thème des " Jardins en partage " et sous la présidence du paysagiste Luis Benech. " Pour l'avenir, nous allons étendre le festival sur le domaine pour concilier le regard des artistes et celui de grands paysagistes, comme Gilles Clément, qui demandent une approche de la nature sur un temps plus long et des parcelles plus vastes ", précise M. Barré.
De 80 000 visiteurs annuels pour le château et 160 000 pour le festival, le nouvel établissement public compte porter la fréquentation à 300 000 visiteurs au total. Un objectif impératif : dans les 4 millions d'euros de budget pour 2008, la subvention de la région n'est que de 1,5 million d'euros, les 2,5 millions restants devant provenir des recettes. En revanche la région investit lourdement : 3,2 millions d'euros de travaux de restauration du château, classé Monument historique, et 11 millions pour la restructuration du domaine et l'accueil du public.
Grégoire Allix
© Le Monde
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